Cameroun – 20 Mai: Quelle armée pour quelle unité ? – 20/05/2014

A l’entrée de Youpwé à Douala se dresse l’imposante effigie d’un soldat camerounais, supporté à sa base par un socle circulaire marqué des armoiries de l’état et des forces armées camerounaises. Du haut de son piédestal, le militaire au repos, l’arme à la main, veille à la sécurité de ses concitoyens. Image idyllique, ce monument célèbre le cinquantenaire en 2010 de l’armée nationale camerounaise… la célébration de ce demi-siècle a eu lieu du 8 au 9 décembre 2010 à Bamenda. Le chef de l’Etat Paul Biya, était aux premières loges, en tant que chef suprême des armées. Mais quelle armée pour quelle unité ?

20 Mai, Défilé militaire.
20 Mai, Défilé militaire.

Unité et souveraineté. Dans sa définition, les forces armées représentent les différentes organisations et moyens militaires qu’un Etat consacre à la mise en œuvre de sa politique de défense. Leur mission première est d’assurer la sécurité de l’Etat, la défense de ses intérêts et la protection de ses populations et territoires vis-à-vis d’une menace extérieure. Cette édition du 20 mai coïncide avec la montée des périls aux frontières, avec des incidents sporadiques à l’intérieur, ce qui interpelle au premier chef les forces de défenses. Dans cette optique, elles regroupent aussi des forces spécialement dédiées à ces missions de sécurité intérieure ou de police et comprennent alors des forces de gendarmerie ou des forces paramilitaires (garde-frontières, garde-côtes, sapeurs-pompiers…).

En dehors des parades et des recrutements quasi réguliers, des interventions musclés sur les théâtres internes, les Camerounais connaissent-ils leur armée ?

Crée par ordonnance du 11 novembre 1959, durant les premières années qui suivent l’indépendance, cette armée naissante a lutté contre la rébellion et les maquisards. Les missions de l’armée camerounaise en sont alors d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agressions la sécurité et l’intégrité du pays. Cette fête du 20 mai consacrée à l’unité nationale est aussi et surtout une interpellation pour l’armée : «Force de défense et nation, pour la promotion de la paix sociale et le développement», c’était la thématique de l’année 2009. L’année d’après, on revenait avec «Force de défense et nation, ensemble pour consolider les acquis du cinquantenaire», en 2011, la thématique choisie tournait autour de l’«Armée camerounaise, creuset de l’unité nationale, socle des institutions stables et démocratiques, garante du développement socio-économique» pour l’année 2012, l’armée camerounaise était «au service d’une nation forte et prospère et résolument tournée vers l’émergence dans un climat de paix et d’unité». En 2013, le thème choisi était : «Armée et nation, ensemble pour relever les défis sécuritaires pour un Cameroun émergent».

Ces thématiques prennent une forte résonance avec la présence de Boko Haram à nos portes. L’armée se doit d’y faire face avec rigueur, avec la collaboration des populations surtout lorsqu’on a en mémoire la forte mobilisation et les moyens d’accompagnement que l’Etat met en jeu pour pourvoir au besoin de notre armée.

Chouchou des pouvoirs publics, l’armée doit aussi devenir la force populaire qui s’intègre et se meut au sein de la population, non pas dans une logique de répression, mais au service d’un destin commun pour la défense et le développement. Une opération de charme en direction des populations ne serait pas de trop pour la grande muette qui devrait humaniser ses rapports avec les concitoyens.

Car comme creuset de l’unité nationale, l’armée camerounaise est celle de tous les Camerounais et non d’un système. L’armée ne devrait pas s’attacher à des individus, à des régions, à des personnalités. Mais l’armée est appelée à servir les institutions, à servir le pays, à participer à sa construction et à la consolidation de notre unité et à la sauvegarde de l’intégrité territoriale.

Source : © Le Messager

Par Edouard Kingue

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz