Cameroun : 130 personnes victimes de disparition forcée dans l’Extrême-Nord selon Amnesty International

130 personnes victimes de disparition forcée dans l'Extrême-Nord selon Amnesty International | © AFP / BRAHIM ADJI / Archives
130 personnes victimes de disparition forcée dans l’Extrême-Nord selon Amnesty International | © AFP / BRAHIM ADJI / Archives

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a appelé, mardi, les autorités camerounaises à faire toute la lumière sur la situation de 130 hommes et garçons, toujours portés manquants 20 mois après leur arrestation durant une opération de répression contre des membres présumés de la secte islamiste Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

Dans une déclaration, elle précise que les concernés font partie des plus de 200 personnes arrêtées le 27 décembre 2014, lors d’une opération de ratissage menée dans les villages de Magdeme et de Doublé, 25 au moins d’entre elles étant mortes en détention la nuit de leur arrestation, et 45 ayant été transférées à la prison de Maroua le lendemain, dont 3 sont décédées depuis en raison de conditions de détention très dures.

«Le fait que les autorités continuent de s’abstenir de révéler où ils se trouvent est insultant à l’égard des familles, qui attendent depuis longtemps déjà de savoir ce qu’il est advenu de leurs proches», peut-on lire dans la déclaration d’Amnesty, qui affirme que la liste complète des noms de tous les disparus a été transmise, aux autorités de Yaoundé ainsi qu’au responsable des opérations militaires dans la zone de la guerre contre la secte.

En mars 2015, apprend-on, les autorités du pays avaient annoncé qu’une enquête interne avait été engagée, dont les résultats n’ont pas été rendus publics alors que seul un officier de l’armée, à la tête de la légion de gendarmerie de l’Extrême-Nord au moment des faits, a été déféré devant la justice en vue d’un procès avec des chefs d’accusation se limitant à la négligence et au non-respect des règles en matière d’incarcération.

L’organisation, qui rappelle que la disparition forcée est un crime de droit international, demande au Cameroun de «révéler immédiatement» où se trouvent ces personnes, «de diligenter des enquêtes indépendantes, exhaustives et efficaces sur ces disparitions, et de déférer les responsables à la justice dans le cadre de procès équitables et sans recours à la peine de mort».

Pour Amnesty International, qui signale 17 autres cas de disparition forcée dans l’Extrême-Nord entre juin 2014 et juin 2016, ce pays «doit cesser d’utiliser son combat contre Boko Haram comme argument pour justifier les violations flagrantes des droits humains dont il est responsable».

Bien que reconnaissant que jouant un rôle essentiel pour la protection de la population contre les attaques du mouvement djihadiste, l’organisation affirme que les forces de sécurité sont également responsables de très nombreuses violations des droits humains, notamment d’arrestations arbitraires, de recours à une force excessive, d’exécutions extrajudiciaires, de détentions illégales et au secret, d’actes de torture et de disparitions forcées.

En termes de bilan partiel, Amnesty indique que l’Extrême-Nord du Cameroun a été la cible d’attaques répétées de Boko Haram depuis fin 2013, pour plus de 200 attaques entre juillet 2015 et août 2016 dont près de 40 attentats-suicides, au cours desquelles au moins 500 personnes ont trouvé la mort.

© CAMERPOST avec © APA

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Joseph Nyam

Qui ils collent la paix au Cameroun bande de destabilisateurs

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