Cameroun – ​Boko Haram FM : les ondes de la terreur

Boko Haram FM, les ondes de la terreur | Photo d'illustration
Boko Haram FM, les ondes de la terreur | Photo d’illustration

Dans l’extrême nord du Cameroun, le groupe terroriste connu pour sa barbarie sanguinaire utilise aussi la radio pour rallier la population à sa cause. L’envoyé spécial d’Intégration raconte cette guerre des ondes.

“Allahou Akbar” (Dieu est grand !). La voix qui martyrise le récepteur de Belawa cet après-midi est claire. Mais le ton fait frémir le vieil homme.” Par hasard, je suis tombé sur cette station pour écouter les anachid (les chants musulmans). Mais je me rends compte que c’est la radio barbare que nous avions écoutée ici il y a un mois”, avance‐t‐il, se hâtant de zapper.

A en croire ce septuagénaire qui ne sait pas lire les fréquences, Boko Haram arrose la frontière de ses messages violents. Ici à Tolkomari, d’autres habitants disent avoir écouté “cette radio à l’islam funeste” au moins une fois ces deux dernières années. S’ils sont incapables de la nommer et de la localiser, ils affirment que ladite station émet surtout au lendemain d’attaques kamikazes au Nigeria ou dans les pays voisins.” Quand ils ont attaqué́ [le 13 juillet 2014] le domicile d’Amadou Ali [vice-Premier ministre] ici à Kolofata, se rappelle Garba Hassoumou, ils ont pris les micros pour se féliciter de leur barbarie. Ils parlent aussi souvent quand le ministre de la Communication donne un point de presse à Yaoundé [la capitale] à leur sujet.”

Ce 11 avril 2016, c’est une exception. Il n’y a pas eu d’attaque. Pas de point de presse non plus. Mais, sur 96.8 FM, Boko Haram s’exprime sur d’autres sujets liés aux combats et à la sécurité des personnes civiles. “Après l’interdiction du port du voile dans certaines localités de la région, ils ont promis la mort aux signataires d’une telle mesure. Maintenant, ils disent qu’ils ne sont pas affaiblis contrairement à ce qu’on croit”, chuchote Laraï, un commerçant. Et pendant qu’on y est, une antienne régente son poste radio : “Dawla islamiya” (l’Etat islamique).

Système de diffusion nébuleux

Ainsi donc, à intervalles irréguliers, Boko Haram supplicie les ondes. Sa méthode traduit un principe clair : inoculer insidieusement la peur au sein des populations locales. “De temps en temps, ils émettent. Leurs fréquences sont instables. Au lendemain de l’attentat de Maroua le 26 juillet 2015, ils étaient sur 95.7 FM. A cette occasionlà̀, ils ont révélé que les 14 personnes décédées iraient droit au paradis parce que mortes ensemble avec une kamikaze”, précise Robert Baïkamla. Résidant à Tolkomari, cet ancien technicien de diffusion à la CRTV‐Littoral [la radio-télévision nationale] ajoute qu’après cette “sortie” les terroristes ont écumé toutes les fréquences modulées à la frontière avec le Nigeria. “Ils sont passés successivement sur 103.4 FM, 91 FM, 106.1 FM et 96.8 FM en l’espace de six mois, Leur système de diffusion est très nébuleux”, dit‐il.

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2 Commentaires sur "Cameroun – ​Boko Haram FM : les ondes de la terreur"

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Wilfried Ossimi

WOW

la voix du citoyen

ON veut nous faire croire que ces gens ont une maitrise de la technologie des ondes pour diffuser une radio hummmmmmm le peuple camerounais n’est pas dupe

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