Burundi : Pierre Nkurunziza pose ses conditions pour le dialogue

Pierre Nkurunziza pose ses conditions pour le dialogue | Archives/DR
Pierre Nkurunziza pose ses conditions pour le dialogue | Archives/DR

Le président burundais a annoncé son intention d’entamer des discussions avec la classe politique, à l’exception de ceux qu’il accuse de déstabiliser le pays.

Avant de quitter le Burundi hier au terme de deux jours de visite, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) a rencontré le président burundais. Au cours de cet échange, Ban Ki-moon a obtenu de Pierre Nkurunziza un engagement à ouvrir un dialogue inclusif avec les différentes parties à la crise politique qui déchire ce pays des grands lacs depuis avril 2015. En clair, il est question pour le régime de Bujumbura d’entamer des discussions avec tous les acteurs politiques du Burundi. « Les responsables politiques burundais doivent être prêts à rassembler le courage et la confiance qui aboutiront à un processus politique crédible », a déclaré le patron de l’ONU. « Ce dialogue concerne tous les Burundais à l’exception de ceux qui sont engagés dans des actes de déstabilisation », a précisé le président burundais au cours de la conférence de presse qui s’en est suivie. Pour beaucoup, une bonne partie d’opposants sont d’ores et déjà exclus de cette palabre.

Cependant, Pierre Nkurunziza a voulu davantage rassurer son hôte en faisant une annonce forte : la libération prochaine de 2 000 prisonniers. Une annonce saluée par le patron de l’ONU qui intervient après la levée des sanctions qui pesaient sur certains médias privés et des mandats d’arrêt imposés à quinze personnalités dont des opposants et des journalistes. Ban Ki-moon a également fait savoir que la situation humanitaire, actuellement critique, nécessite des mesures urgentes. Tout en invitant les dirigeants burundais à œuvrer pour la mise en place d’un processus politique crédible, il leur a également demandé de garantir le respect des droits de l’Homme. Lundi dernier, le secrétaire général de l’ONU a rencontré quatre responsables de la majorité et de l’opposition, à l’exception des partis satellites. Alors que Ban Ki-moon passait sa première nuit dans la capitale burundaise, une dizaine de grenades explosait dans plusieurs quartiers, faisant dix blessés, selon la police.

Source : © Cameroon Tribune

Par Sainclair MEZING