Burundi : La situation toujours confuse après la tentative de coup d’Etat – 14/05/2015

 Situation toujours confuse au Burundi | © AFP / Jennifer Huxta
Situation toujours confuse au Burundi | © AFP / Jennifer Huxta

La situation était toujours confuse jeudi matin au Burundi, notamment à Bujumbura, la capitale, où les habitants sont terrés chez eux par peur des crépitements d’armes qui ont tonné toute la nuit, prolongeant ainsi la tension née de l’annonce du coup d’Etat perpétré contre le président Nkurunziza par le Général-major Godefroid Niyombare.

Dans le même temps, c’est la guerre des communiqués menée d’un côté par les loyalistes dont le chef d’Etat-major de l’armée, le Général Prime Niyongabo, le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, et le chargé de la communication à la présidence de République, Willy Nyamitwe.

Se servant de la radiotélévision nationale qui n’est pas encore tombée entre les mains des putschistes, ils continuent de déclarer que le coup d’Etat a été déjoué et ainsi ils attendent que les militaires insurgés se rendent de leur propre gré.

Dans l’autre camp, qui se sert depuis ce jeudi matin d’une seule radio, ‘’Isanganiro”, on souligne qu’il n’en est rien et que le coup d’Etat est en train de réussir. Selon le vice- président du comité de rétablissement de la concorde nationale, le général major Cyrille Ndayirukiye, il ne subsiste que quelques poches de résistance tenues par les militaires qui gardent le palais présidentiel et la radiotélévision nationale.

Ce faisant, les putschistes déclarent : ‘’Nous les militaires qui sommes contre la troisième candidature de Pierre Nkurunziza, nous ne voulons pas verser le sang. Nous demandons à ceux qui résistent encore de nous suivre, car le combat que nous menons est un combat noble, un combat de souveraineté du peuple”.

Le général major Ndayirukiye a pour sa part appelé le ministre de la Défense, Gaciyubwenge, le ministre de la Sécurité publique, Gabriel Nizigama, et le ministre de l’Intérieur à rallier le camp de ceux qui défendent la Constitution et les Accords d’ Arusha.

Il a toutefois souligné qu’au besoin il pourrait utiliser la force pour donner l’assaut sur la radiotélévision nationale et les militaires restés loyaux à Nkurunziza.

La radio indépendante ‘’RPA” qui avait été rouverte par les putschistes après deux semaines de fermeture a été attaquée dans la nuit de mercredi à jeudi par des hommes, habillés les uns en tenue civile et les autres en tenue militaire. La station serait sérieusement endommagée.

Les médias indépendants soupçonnés de rouler pour l’opposition comme la télévision Renaissance, la radio ‘’Bonesha FM” et la radio ‘’Isanganiro” ont été attaqués. Les deux dernières stations ont pu être défendues et sont en train d’émettre seulement dans la capitale.

La radiotélévision Rema-FM, proche du parti au pouvoir CNDD-FDD, a été, quant à elle, incendiée dès l’annonce du coup d’Etat.

Des combats se seraient également déroulés à l’aéroport qui avait été fermé, on ignore encore s’il est ouvert ou pas.

La population qui était en liesse mercredi soir dès l’annonce du coup d’Etat est inquiète mais reste déterminée à lutter pour le respect de la Constitution.

© CamerPost avec © APA

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