Burkina Faso : Dadis Camara entendu à Ouagadougou sur le massacre du 28 septembre 2009 – 14/07/2015

Moussa Dadis Camara, le 2 octobre 2009. | © Schalk van Zuydam/AP/SIPA
Moussa Dadis Camara, le 2 octobre 2009. | © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

L’ancien chef de la junte militaire guinéenne, Moussa Dadis Camara, a été entendu, lundi à Ouagadougou, sur le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, une affaire dans laquelle il est inculpé depuis la semaine dernière.

Selon une source proche du dossier, au cours de son audition au Tribunal de grande instance de Ouagadougou, Dadis Camara a rejeté les trois chefs d’inculpation retenus contre lui, non sans reconnaitre sa responsabilité morale dans le massacre.

De l’avis de son avocat, Me Jean-Baptiste Jocamey Haba interrogé par Radio France internationale (RFI), Moussa Dadis Camara est prêt à se rendre en Guinée pour répondre de tous les faits dont il est accusé si la justice lui en fait la demande.

L’interrogatoire de Moussa Dadis Camara aurait duré plus de 9 heures pendant lesquelles il a dit ‘’sa part de vérité” sur les trois chefs d’inculpation retenus contre lui.

‘’Mon client est poursuivi pour complicité d’assassinat, meurtre, pillage(…) Tout ce que vous pouvez imaginer par rapport à ce qui s’est passé au stade le 28 septembre 2009”, a souligné Me Jean-Baptiste Jocamey Haba qui a ajouté que Dadis est également poursuivi pour non-assistance à personne en danger”.

Selon l’avocat, l’ex-président du CNDD est poursuivi pour ‘’la responsabilité de commandement en tant que chef militaire ou supérieur hiérarchique conformément à l’article 22 du statut de Rome”.

Le 28 septembre 2009, un rassemblement pacifique organisé par l’opposition politique guinéenne dans le plus grand stade de Conakry, a été violemment réprimé dans le sang par les forces de la junte militaire alors au pouvoir, faisant plus de 150 morts et des dizaines de femmes violées.

Depuis l’interrogatoire de première comparution, Moussa Daddis Camara a toujours rejeté tous les faits qu’on lui reproche dans le massacre du stade du 28 septembre.

Selon son avocat, seule sa responsabilité morale peut être engagée, car il était le président de la République et commandant en chef des forces armées à l’époque des faits.

L’ancien chef de la junte guinéenne avait déjà été entendu une première fois sur cette affaire, en 2014, par des juges burkinabè sur commission dérogatoire de la justice guinéenne.

Officiellement ‘’en convalescence” à Ouagadougou, depuis bientôt cinq ans, Moussa Dadis Camara a annoncé récemment sa candidature à l’élection présidentielle guinéenne prévue en octobre prochain.

© Camer Post avec © APA