Burkina Faso : Amnesty international préfère un tribunal civil pour juger les auteurs du putsch manqué

Général Gilbert Diendéré, leader du putsch avorté du 17 septembre au Burkina Faso | © AFP/Archives / AHMED OUOBA
Général Gilbert Diendéré, leader du putsch avorté du 17 septembre au Burkina Faso | © AFP/Archives / AHMED OUOBA

L’Organisation non gouvernementale (ONG) Amnesty international demande la mise sur pied d’une commission d’enquête impartiale pour le jugement des auteurs du récent putsch manqué au Burkina Faso, préférant que le dossier soit confié à un tribunal civil et non militaire, a-t-elle confié, au cours d’une conférence de presse, mercredi à Ouagadougou.

Lors de cette rencontre avec la presse, Amnesty international a présenté son rapport sur la tentative de coup d’Etat du 16 septembre dernier au Burkina Faso.

Il s’agit des résultats des investigations de l’ONG sur les circonstances de décès de 11 personnes victimes de la tentative de coup d’Etat, ainsi que les victimes de violences.

Selon Gaetan Mootoo, chercheur à Amnesty international, l’organisation demande à ce que les personnes qui ont été arrêtées dans le cadre de ce coup d’Etat, à la fois les militaires et les civils, puissent répondre de leurs actes devant des tribunaux civils.

Pour l’organisme de défenses des droits humains, le tribunal militaire doit être réservé au membre de l’armée pour les infractions au code militaire.

De plus, il souhaite que les jugements des incriminés se fassent dans le respect des standards internationaux en la matière et que le jugement ne soit pas expéditif.

Les conclusions livrées par Amnesty International sont celles issues de ses enquêtes menées durant deux semaines sur les atteintes des droits humains au cours du coup d’Etat manqué de l’ex-Régiment de sécurité présidentiel (RSP).

A en croire Gaétan Mootoo, l’enquête a conclu que 14 manifestants et passants ont été tués par des tirs d’armes automatiques imputables à des membres de l’ex-RSP.

‘’Aucune des victimes, dont deux enfants, n’était ni armée ni ne représentait une menace pour les forces de sécurité”, souligne un extrait du document.

Selon les animateurs de la conférence de presse, le document présenté aux journalistes sera suivi, dans les prochains jours, d’un rapport complet.

En attendant, l’ONG des défenses des droits humains estime qu’il ne doit pas avoir ‘’d’amnistie pour les soldats ayant tué des civils non armés”.

Les enquêteurs de l’ONG disent avoir eu recours, entre autres, des témoignages des passants et des membres des familles des victimes, des films vidéo, des documents médicaux.

Ces sources, selon eux, ont permis de savoir qu’un grand nombre des 271 blessés du putsch manqué recensés par le gouvernement l’ont été par des tirs à balles réelles.

Outre ces « homicides illégaux et les blessés », le document présenté aux médias indique également qu’il y a eu des attaques visant des défenseurs des droits humains, des journalistes, et des partis politiques.

© CAMERPOST avec © APA

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