Boko Haram : Le Cameroun et le Tchad frappé par de nouveaux attentats-suicides

Des forces de sécurité évacuent un corps après un attentat-suicide à Maroua, capitale de l'Extrême-nord du Cameroun, 22 juillet 2015. | © AFP/Illustration
Des forces de sécurité évacuent un corps après un attentat-suicide à Maroua, capitale de l’Extrême-nord du Cameroun, 22 juillet 2015. | © AFP/Illustration

Un double attentat-suicide a fait au moins neuf morts et 29 blessés dimanche 11 octobre au nord du Cameroun. Samedi, un triple attentat avait fait au moins 37 morts dans la ville tchadienne de Baga Sola, sur les rives du lac Tchad.

Même affaiblis par les offensives des armées de la région, les islamistes nigérians de Boko Haram gardent leur grande capacité de nuisance, y compris en dehors de leur territoire d’origine.

Un double attentat-suicide a fait au moins neuf morts et 29 blessés dimanche 11 octobre dans la région de Mora, dans l’extrême-nord du Cameroun. Samedi, un triple attentat avait fait samedi au moins 37 morts dans la ville tchadienne de Baga Sola, située près de la frontière avec le Nigeria, sur les rives du lac Tchad.

NEUF MORTS AU CAMEROUN

Au Cameroun, deux femmes kamikazes se sont fait exploser dimanche matin dans le village de Kangaleri, à une trentaine de kilomètres de Mora. La première femme a tué neuf personnes dans un petit restaurant populaire qui vend du lait et des beignets, tandis que la seconde s’est fait exploser sans faire de morts, a expliqué le responsable local.

Le 20 septembre, au moins trois personnes, dont un policier, avaient été tuées et une blessée par un double attentat-suicide à Mora, selon des sources concordantes. Il s’agit des quatorzième et quinzième attentats-suicides enregistrés dans l’extrême-nord du Cameroun depuis juillet. Plus de 100 personnes ont péri dans ces attentats attribués à Boko Haram.

41 MORTS AU TCHAD

Au Tchad, de « puissantes explosions », rapidement attribuées au groupe islamiste Boko Haram, ont eu lieu samedi dans la sous-préfecture tchadienne de Baga Sola, située près de la frontière avec le Nigeria, sur les rives du lac Tchad. Les sources sécuritaires ont fait état de « 41 morts et 48 blessés ».

La première explosion a eu lieu sur le marché aux poissons de Baga Sola – qui se tient le samedi, jour d’affluence – et les deux autres à Kousseri, un quartier périphérique de la ville qui accueille de nombreux réfugiés. Baga Sola n’avait encore jamais été frappée par les islamistes. Plusieurs dizaines de milliers de réfugiés nigérians et de déplacés tchadiens ont trouvé refuge dans cette ville, fuyant ces derniers mois les exactions de Boko Haram sur les îles du lac ou au Nigeria.

Le lac Tchad est partagé entre Nigeria, Niger, Cameroun et Tchad. Même si sa superficie se réduit d’année en année en raison du réchauffement climatique, il abrite une multitude d’îles et îlots peuplés de pêcheurs, et ses abords sont rendus difficiles d’accès par une végétation dense, ce qui facilite les infiltrations des islamistes de Boko Haram en territoire tchadien pour y mener des attaques.

LA FORCE MULTINATIONALE PAS ENCORE PLEINEMENT OPÉRATIONNELLE

Pour combattre le groupe islamiste, les quatre pays riverains du lac Tchad et le Bénin ont mis sur pied une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) dotée de 8 700 militaires, policiers et civils, avec un quartier général à N’Djamena au Tchad. Mais cette force n’est pas encore pleinement opérationnelle.

La coalition « a sans conteste affaibli la nébuleuse » islamiste mais « pour autant », cette dernière « ne s’avoue pas vaincue », a récemment reconnu le président du Tchad Idriss Déby. L’insurrection de Boko Haram a fait au moins 17 000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés depuis 2009.

Boko Haram a par ailleurs affirmé mercredi que son dirigeant, Abubakar Shekau, était en vie et qu’il dirigeait toujours l’organisation islamiste, alors que son absence sur les vidéos de propagande depuis février a alimenté des rumeurs sur son éventuelle disparition ou remplacement à la tête du groupe.

Par © AFP