Boko Haram : la France assure exercer des “contrôles stricts sur ses ventes d’armements” – 10/03/2015

Hassan Sylla Bakari, le ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement. | Photo d'archives
Hassan Sylla Bakari, le ministre tchadien de la Communication et porte-parole du gouvernement. | Photo d’archives

Boko Haram tient son arsenal de guerre utilisé lors de ses attaques au Nigeria et des pays voisins comme Cameroun et le Niger, en partie des prélèvements à l’armée nigériane puis de trafics illégaux dans la région, affirme un communiqué de presse de l’ambassade de France à Yaoundé, dans une réaction implicite à des accusations de soutien de Paris la secte islamiste.

Accusée de manœuvres déstabilisatrices sous couvert de Boko Haram par une certaine opinion publique camerounaise confortée par la découverte d’équipements militaires de fabrication française dans les stocks islamistes, l’ex-puissance coloniale se défend en assurant exercer “un des contrôles les plus stricts au monde sur ses ventes d’armements”, selon ce texte parvenu à Xinhua lundi matin.

“Selon plusieurs rapports, une grande partie des armes de Boko Haram a été prélevée à l’armée nigériane, une autre partie provient de trafics illégaux dans la région”, précise la mission diplomatique française dans son communiqué très court, plutôt daté du 6 mars.

Deux jours auparavant, le ministre tchadien de la Communication Hassane Sylla Bakari, en visite à Yaoundé, avait laissé entendre lors d’une conférence de presse avec son homologue camerounais Issa Tchiroma Bakary qu’au moins de 40% des armes saisies par les forces tchadiennes aux mains de la secte islamiste nigériane étaient de fabrication française.

“Les armes saisies à ces terroristes n’ont appartenu ni à l’armée camerounaise, ni à l’armée tchadienne”, avait insisté le porte-parole du pouvoir de N’Djamena, venant confirmer d’autres révélations antérieures faites par le Cameroun après la saisie lors de différentes attaques de blindés, en l’occurrence des chars à chenille de fabrication française aux mains de Boko Haram. Pour tenter de balayer les accusations de soutien à l’organisation terroriste, les autorités françaises font valoir leur engagement contre le trafic et la circulation d’armes illicites.

“La lutte contre les trafics d’armes dans la bande sahélo- sahélienne fait partie des objectifs de l’opération Barkhane, menée aux côtés des forces tchadiennes, nigériennes, maliennes, mauritaniennes et burkinabè”, souligne le communiqué de presse de l’ambassade de France à Yaoundé.

Deux semaines auparavant, en visite à Yaoundé, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait déjà indiqué, en réaction aux mêmes accusations, que “la France supporte complètement les actions contre Boko Haram, qui est un énorme danger. Nous sommes aux côtés de tous les pays qui ont décidé de lutter contre Boko Haram”. Ces déclarations n’ont pas suffi à retourner une opinion publique camerounaise visiblement anti-française, une tâche que peine aussi à accomplir le pouvoir de Yaoundé, qui ne cesse de vanter au même titre que Paris la “relation historique” avec son ex-puissance tutélaire.

Source : © Agence de presse Xinhua

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