Birmanie : Aung San Suu Kyi bientôt ministre

Aung San Suu Kyi deviendra ministre dans le gouvernement selon une annonce faite hier par le parlement birman. | © REUTERS/Max Rossi
Aung San Suu Kyi deviendra ministre dans le gouvernement selon une annonce faite hier par le parlement birman. | © REUTERS/Max Rossi

Aung San Suu Kyi femme et opposante emblématique, deviendra ministre dans le gouvernement selon une annonce faite hier par le parlement birman. Ce prix Nobel de la paix n’a pas pu être présidente en raison d’une Constitution héritée de la junte. En effet, cette dernière interdit la fonction à quiconque a des enfants de nationalité étrangère, ce qui est le cas d’Aung San Suu Kyi, qui a deux fils britanniques.

Ce matin, le nom de l’opposante a été cité parmi ceux des personnes pressenties comme futurs ministres. Celle dont le parti est désormais majoritaire au Parlement ne sait cependant pas encore quel poste elle occupera au sein du cabinet, qui doit prendre ses fonctions fin mars-début avril.

Selon les informations parvenues à CAMERPOST, les rumeurs la donnent ministre des affaires étrangères, un poste très stratégique lui permettant de représenter son pays sur la scène internationale.

Une fois aux manettes, Aung San Suu Kyi peut compter sur le soutien du nouveau président élu, Htin Hyaw, qu’elle a fait désigner à sa place au poste de président.

Beaucoup d’espoir placé dans ce nouveau gouvernement

Le parti de la Dame de Rangoun, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) a promis de donner la priorité à l’éducation et la santé, domaines dans lesquels la Birmanie est l’un des plus mauvais élèves au niveau mondial en termes de budget.

Mais, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi hérite du budget 2017 établi par le gouvernement sortant, qui lui laisse peu de marge de manœuvres dans ces domaines. Priorité a été promise à l’économie, mais sans plan clair pour l’heure, dans ce pays où plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et où 70% du pays n’a pas l’électricité.

Un autre grand chantier sur lequel Aung San Suu Kyi est très attendue : négocier avec les armées rebelles ethniques qui continuent d’affronter les forces gouvernementales.

Sur tous ces dossiers, elle devra négocier avec les militaires, qui contrôlent encore notamment les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Frontières.

Aung San Suu Kyi, « au-dessus du président »

A 70 ans dont 15 en résidence surveillée, l’icône de la révolution birmane a choisi de mener les réformes en tant que ministre, plutôt qu’en restant à la tête de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie. C’est une façon d’asseoir sa légitimité de maître d’œuvre de la politique du gouvernement. Le tout au sein d’un système dépourvu de premier ministre, et avec un président qui est un fidèle d’Aung San Suu Kyi.  Celui-ci, Htin Kyaw choisi pour sa loyauté éprouvée au fil des ans, y compris lors des longues années de résidence surveillée de l’opposante, il assume son rôle de doublure de celle qui a promis d’être « au-dessus du président ».

© CAMERPOST par Eliane Ndounkeu

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