Bénin : la « Tontine du sexe » sévit silencieusement dans les collèges et les lycées

Tontine du sexe
Bénin : la « Tontine du sexe » sévit silencieusement dans les collèges et les lycées

Le phénomène est en train de prendre de l’ampleur chez les jeunes collégiennes et lycéennes béninoises. Il s’agit de troquer des faveurs sexuelles contre rémunération. La somme sera ensuite reversée dans une tontine collective pour assurer les dépenses quotidiennes et futures. Explications avec CAMERPOST.

Une activité servant à « financer l’avenir » selon les concernées

La plupart des jeunes filles considèrent que le fait d’offrir moyennant finance des prestations sexuelles à autrui, bien que celui-ci soit un parfait inconnu, n’est pas pour autant un acte de prostitution. En effet, ces jeunes filles lycéennes ou collégiennes perçoivent cela plutôt comme une activité lucrative comme les autres. Cette pratique, fonctionnant comme la traditionnelle tontine, consiste à cotiser au sein d’une caisse commune gérée par une personne pratiquant la même activité, à hauteur de 5000 Francs CFA, quotidiens ou hebdomadaires selon le cas, tirés uniquement des activités de prestations sexuelles. Certaines peuvent cotiser jusqu’au triple de cette somme. L’épargne ainsi réalisée sera utilisée pour les besoins quotidiens ou pour les frais de formation ou de scolarisation. Si les jeunes filles considèrent qu’il ne s’agit pas de prostitution, certaines, effectivement, peuvent rencontrer un seul partenaire sexuel qui va ainsi s’engager à payer un certain montant qui servira à assurer la tontine. Toutefois, cette activité n’est pas exempte de risques, ce que tente de dénoncer une ONG.

Une ONG dénonce et tente de dissuader les jeunes filles

Si l’ampleur du phénomène de la « tontine du sexe » tend à s’amplifier dans les lycées et collèges béninois, une ONG locale tente de convaincre les jeunes filles de renoncer à cette activité, et rappelle, sur le coup, le rôle de chacun pour leur donner les moyens nécessaires pour qu’elles ne soient pas tentées. En effet, cette ONG rappelle que la plupart des « clients » de ces jeunes filles sont ceux qu’on appelle communément localement des « grotos », ou des hommes riches et vieux. Toutefois, certaines de ces personnes peuvent être séropositives, d’autant qu’il est souvent difficile pour les jeunes collégiennes de demander le port du préservatif.

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