Bassin du Lac Tchad – Boko Haram : RRM, une méthode d’intervention rapide au secours des réfugiés 

Des enfants dans le camp de réfugiés d’Assaga, près de Diffa, dans le sud-est du Niger, le 17 mai 2016. | © AFP / BOUREIMA HAMA

Le nouveau dispositif d’action est baptisé, « Rapid Response Mechanism (RRM) ». L’innovation porte les couleurs de l’ONG, Action contre la Faim. 

Les activités des organisations humanitaires connaissent un réel essor dans les pays du bassin du Lac Tchad depuis 2013, date du début des attaques de la secte Boko Haram. Avec des millions de déplacés et réfugiés, la région connait sa plus grave crise humanitaire. L’ONG française, Action contre la Faim (ACF) vient de mettre sur pied une méthode novatrice d’urgence d’assistance humanitaire dans la région du Lac Tchad.

La nouveauté

En général l’ONG française, Action Contre la faim agit par dispositifs collectifs d’intervention humanitaire. Cette fois, il s’agit d’un mécanisme nouveau qui agit au plus vite et au plus près des populations en situation de besoins. RRM se déploie en deux phases. La première consiste à évaluer les besoins des groupes sur le terrain alors que la seconde phase concerne l’intervention elle-même. Le dispositif est placé sous la coordination de l’Organisation de Coordination des nations Unies pour les Affaires humanitaires (OCHA).

L’intervention part d’une simple alerte produite soit par la communauté ou part les autorités. Les équipes vont procéder à la vérification des informations sur un territoire préalablement évalué en termes de besoins. C’est ainsi que les évaluations techniques multisectorielles sont faites dans les zones concernées. Le travail de déploiement sur le terrain, est conjointement mené par l’Agence suédoise de développement internationale (SIDA) et RRM.

Fonctionnement

Pour les besoins offerts dans le cadre du Rapid Response Mecanism, il s’agit de l’apport en eau, à l’hygiène et l’assainissement, la santé ainsi que la sécurité alimentaire. Le déploiement sur le terrain se fait dans les 72 heures après l’alerte dans les sites et villages d’au moins 150 ménages et déplacés depuis au moins six mois.

Dans les cas de déplacés internes, le dispositif RRM fait des apparitions ponctuelles auprès des populations regroupées dans des sites improvisés dans des zones reculées et difficiles d’accès. Dans le cas d’espèce, le rapport est établi sous 48 heures à la coordination humanitaire pour étude. L’évaluation peut demander une intervention urgente ou de longue durée.

Des interventions 

Les interventions RRM se font en deux phases. L’une en WASH, concerne les besoins en eau, hygiène et assainissement. Il peut s’agir concrètement de la réhabilitation des puits de forages, construction de latrines d’urgence. L’autre en concerne la distribution des kits dit « NFI », en anglais (Non food items) qui sont des besoins non alimentaires permettant aux familles déplacées ou retournées de se reconstituer un petit abri afin de vivre quelques temps dans la zone d’accueil.

Durant les sept premiers mois du projet, ce sont déjà 15 évaluations faites à cet effet.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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