Banque : Lazard Frères & Co devrait accompagner le Cameroun pour la reprise d’Alucam

Alain Malong, directeur général de la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam) | Archives/DE
Alain Malong, directeur général de la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam) | Archives/DE

Les autorités camerounaises ont pris contact avec les responsables de la banque d’affaires franco-américaine Lazard Frères & Co en vue de conclure un partenariat dans la recherche d’un repreneur pour l’entreprise Aluminium du Cameroun (Alucam), a-t-on appris ce jeudi de sources introduites.

Les conditions financières exigées par cet établissement de conseil financier et de gestion d’actifs, choisi dans une liste de 5 postulants au terme d’un appel à manifestation d’intérêt, sont toutefois jugées onéreuses par la partie camerounaise qui souhaite une revue à la baisse.

En octobre 2014, le groupe canadien Rio Tionto Alcan avait annoncé son retrait, dès la fin de la même année, du capital d’Alucam qu’il détenait à hauteur de 46,7%, expliquant que la pérennité de l’entreprise, qui venait d’instaurer un modèle d’affaires orienté sur la transformation locale des produits à plus forte valeur ajoutée, plutôt que sur la production du métal primaire, reposait sur un plan d’affaires qui ne rencontrait plus ses priorités stratégiques.

Pour le Réseau associatif des consommateurs de l’énergie (RACE) du Cameroun, par contre, cette décision était liée à son dessaisissement par le gouvernement d’un projet de construction d’une centrale hydroélectrique au profit d’Electricité de France (EDF).

Pour l’ONG, «ce départ précipité» semble être indirectement lié à la signature, le 10 juillet 2014, d’un accord entre le dernier opérateur cité et le gouvernement pour la construction de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, dans la région du Centre, bénéficiant ainsi de tous les droits pour le développement de ce projet ainsi que la construction d’une portion de ligne de transport d’énergie électrique de 225 kilowatts longue de 50 kilomètres.

Nachtigal, d’un coût de 400 milliards FCFA financés par EDF (40%), la Société financière internationale (SFI, 34%) et l’Etat du Cameroun (26%) et dont la mise en service est prévue en 2019, devrait représenter une capacité de production de 420 mégawatts (environ 20% de la production nationale d’électricité) et qui fournira essentiellement Alucam, dont les ambitions d’extension portent sur le triplement de la production d’aluminium qui passerait ainsi de 90.000 tonnes actuellement à 300.000.

«L’exécution de cet ouvrage par EDF au détriment d’Alucam n’est certainement pas étrangère à cette décision du groupe Rio Tinto Alcan de quitter le Cameroun», avait alors analysé le RACE.

Malgré ce départ, le groupe canadien a souhaité demeurer un partenaire du Cameroun à qui il a offert de maintenir ses contrats d’assistance technique et administrative en vigueur, jusqu’à la venue d’un repreneur et s’est mis à la disposition des autorités du pays en vue de les assister dans la recherche d’«un partenaire solide».

C’est en décembre 2003 que Rio Tinto, 2ème producteur mondial d’aluminium, a racheté des parts d’Alucam jusque-là détenues par le français Pechiney et les négociations, engagées entre le gouvernement camerounais et le repreneur (copropriétaires d’Alucam à 46,7% chacun) ont abouti, en octobre 2005, à la signature d’une lettre d’intention portant sur la modernisation et l’expansion de l’usine de production d’Edéa (Littoral).

Le reste de l’actionnariat d’Alucam est détenu par l’Agence française de développement (5,6%) et les employés (1,1%).

© CAMERPOST avec © APA