BANQUE – Cameroun : Fotso et associés entravent la recapitalisation de CBC

Selon la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) les titres souscrits par les actionnaires de référence de la Commercial Bank-Cameroun le 30 décembre sont nuls. Une seconde période de souscription a été ouverte, ouvrant la porte au remplacement des actionnaires historiques par de nouveaux investisseurs.

Yves-Michel Fotso, président du conseil d'administration de Capital Financial Holdings Luxembourg. © AFP
Yves-Michel Fotso, président du conseil d’administration de Capital Financial Holdings Luxembourg. © AFP

Rebondissement dans le feuilleton de la Commercial Bank-Cameroun (CBC). Le 9 janvier, la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) a tenu par voie d’huissier à faire savoir aux actionnaires dont les titres ont été mis sous séquestres que leurs souscriptions du 30 décembre sont nulles, indique une source proche du dossier.

Manoeuvre

Au terme de la première séance de souscription en vue de porter le capital à 12 milliards de F CFA (ouverte aux actionnaires de référence de la banque), ces derniers, constitués en grande partie de Capital Financial Holdings Luxembourg, Fotso Group Holdings et Dawney Holding, n’ont souscrit chacun que pour une seule action de 10 000 F CFA. Il était pourtant attendu un apport de 2,4 milliards de F CFA de leur part.

Dans un communiqué, Martin Luther Njanga Njoh, l’administrateur provisoire, a annoncé que 9,84 milliards de F CFA, représentant 82% de la somme attendue, avaient été libérés, pour l’essentiel par l’État camerounais. En effet, en exerçant un portage d’actions, le Cameroun a fourni les 9,6 milliards attendus de lui. La contreperformance s’explique donc par le fait qu’Yves Michel Fotso et ses associés, à qui reviennent en principe 20% du capital, n’ont pas adhéré à l’opération.

Le communiqué précise qu’une autre période de 6 jours a été ouverte “qui permettra, et ce après l’accord de la Cobac sur les manifestations enregistrées, de boucler définitivement le tour de table”. En d’autres termes, les actionnaires historiques courent le risque d’être remplacés par de nouveaux investisseurs dont l’identité reste inconnue.

source: Jeune Afrique