Attentats de N’Djamena : des Tchadiens, Camerounais, Nigérians et Maliens interpellés – 29/06/2015

Lundi 15 juin 2015, N'Djamena (Tchad) | SPRINGER / © REUTERS
Lundi 15 juin 2015, N’Djamena (Tchad) | SPRINGER / © REUTERS

Deux semaines après le double attentat suicide survenu à N’Djamena, capitale du Tchad, une soixantaine de ressortissants du Cameroun, du Nigéria, du Mali et du Tchad ont été interpellés et plusieurs matériels de communication saisis dans le cadre de l’enquête sur l’attentat qui a fait 38 morts, a fait savoir dimanche Alghassim Khamis, procureur de la République de N’Djaména.

“Certaines interpellations ont été réalisées grâce au concours actif de la population qui a dénoncé à la police tout comportement suspect, et à la coopération judiciaire entre le Niger et le Tchad d’une part, et entre le Cameroun et le Tchad d’autre part”, a précisé M. Khamis, avant d’ajouter qu’une cellule active d’un réseau terroriste a été identifiée et démantelée.

Selon le procureur de la République, l’un des kamikazes est déjà clairement identifié – un certain Issa Oumar alias Issa Tchouloum – et “les recherches sont en cours pour appréhender les principaux responsables du réseau terroriste clairement et nommément identifiés”.

Le 15 juin dernier, un kamikaze a fait exploser sa charge devant la Direction de la sécurité publique, en face du Commissariat central de N’Djaména. Dix minutes après, deux autres attaques de nature terroriste ont eu lieu à l’Ecole nationale de police où des élèves policiers étaient rassemblés.

Le bilan actualisé de ce double attentat, fourni par M. Alghassim Khamis, fait état de 38 morts, y compris les trois kamikazes, et une centaine de blessés dont un grave.

“Grâce à l’appui technique des enquêteurs américains du FBI, il a été établi que les fragments collectés sur la scène des attentats sont identiques, que la conception des engins mortels est aussi la même”, a par ailleurs indiqué le magistrat tchadien.

“Ces fragments sont en ce moment confiés au FBI pour analyse et traitement dans un laboratoire spécialisé. Le résultat de ces analyses nous sera communiqué dès que possible”, a-t-il conclu.

Le gouvernement tchadien avait attribué le double attentat- suicide, une première dans l’histoire de ce pays très actif dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, à la secte islamiste nigériane Boko Haram, alors même qu’il n’a eu aucune revendication à ce jour.

Depuis cinq mois, l’armée tchadienne s’est engagée dans les opérations, aux côtés des troupes issues des pays du bassin du Lac Tchad, pour éradiquer Boko Haram.

Source : © Agence de presse Xinhua