Ascension du Mont Cameroun : les nouveaux rois de la montagne

Les nouveaux rois de l’ascension du Mont Cameroun | Ph. © CT

La Course de l’Espoir s’est tenue ce 25 février à Buea, avec les victoires de Fai Elvis et Lizette Ngalim.

11 ans. Il lui aura fallu 11 ans pour enfin décrocher la victoire dans cette compétition. Fai Elvis, nouveau roi de la montagne, s’est imposé en quelque 4h30 min ce samedi 25 février à Buea, pour la 22e édition de la Course de l’Espoir, prenant le meilleur dans les derniers kilomètres sur Godlove Gabsibuin, vainqueur multirécidiviste de l’épreuve. C’est en 2006 que Fai fait ses débuts dans l’ascension du Mont Fako. En 2010 et en 2015, il finit 4e, la « pire des places », selon une expression de commentateurs sportifs. En 2016 il se classe 6e. Le coureur venu du Nord-Ouest n’était donc pas particulièrement attendu. Mais le Mont a ses merveilles. Ses surprises et ses mystères. Comme cette chute de Gabsibuin à la descente, qui a cassé son rythme.

Des histoires poignantes, sources d’émotions et d’inspiration, il y en a eu cette année encore autour de la Course. Chez les dames, par exemple, Lisette Ngalim a gagné devant Yvonne Ngwaya. Deux sœurs et amies, compagnonnes d’entraînement, habituées des podiums depuis plusieurs années. Si Wirngo Kpuufanla a remporté la 3e place chez les dames, une performance en particulier intéressait le public venu nombreux, celle de l’inusable Sarah Etonge, sortie de sa retraite pour la circonstance. Elle finit 9e mais reçoit, à son arrivée au stade de Molyko, une ovation de vainqueur. « J’ai choisi de courir pour la paix de mon pays », dira plus tard la coureuse emblématique. Samuel Essombe Lyonga, son fils, commence à se faire un nom dans la course. Il a encore fini 3e cette année.
Pas encore célèbres mais déjà remarquables par leur courage, ces coureurs juniors tétanisés par l’effort, boitillant après la ligne d’arrivée. Ici et là, des gamins étalés sur des matelas, les yeux dans le vague, tentant de récupérer. Parmi eux, Larissa Fonyuy, 16 ans, soutenue par un sapeur-pompier, le visage embué de larmes et de sueur, les jambes boursouflées, la plante des pieds endolorie.

Autant d’images captées par Artur et Katharina, lui Polonais, elle Allemande, enseignants basés à Douala, où ils vivent depuis peu. Ils sont venus « découvrir », ont répondu à l’appel de la Montagne. Et profitent, en cette matinée ensoleillée de samedi, de l’ambiance dans l’enceinte du stade et aux alentours : des podiums d’animation tonitruants et ces groupes de danses traditionnelles dont le rendu, en sons et couleurs, laisse rarement indifférent.
La Course de l’espoir édition 2017, c’était aussi le tableau offert par la famille Tambaya. En tout cas, le père, le fils et la fille. Venus du Moungo. Les rejetons, 17 et 14 ans, encore au lycée, ont déjà pris le rythme d’un entraînement régulier, et affichent des ambitions. Rendez-vous peut-être dans quelques années à tutoyer les sommets, du Mont aux podiums…

En attendant, la Course a une fois de plus profité à la ville de Buea, y dopant l’activité économique le temps d’un rendez-vous capital.

Source : © Cameroon Tribune

Par Alliance NYOBIA

L’explication

Yves-Désiré Ekwalla : « Un peu plus de 500 athlètes présents »

Chef du projet « Course de l’espoir » 2017 à la Fédération camerounaise d’athlétisme

Votre appréciation de la course de cette année, aux plans technique, sportif et autres ?

Sur le plan technique, nous sommes satisfaits : chacun a essayé de faire son boulot. La distribution des dossards, par exemple, était un défi pour nous. Il était question de les distribuer avant 17h la veille de la compétition. Cela a été fait. Les départs ont été donnés aux heures prévues et indiquées. Nous attendions 600 athlètes, nous en avons eu un peu plus de 500. Certains ont été recalés au niveau de la visite médicale, et d’autres sont arrivés hors délai. Au plan sportif, il faut dire que les pronostics, ont été déjoués. C’est la réalité de cette course : il ne faut pas faire de pronostics parce que la montée est totalement différente de la descente. Sur un autre plan, nous avons eu quelques soucis avec les annonceurs, un peu sceptiques au vu de la situation sociopolitique. C’est le matin de la course que certains nous ont dit qu’ils voulaient se greffer à l’événement. On leur a dit, venez, qu’on fasse la fête. Le plus important est que cette 22e édition a eu lieu. Les primes ont été maintenues : dix millions F pour le premier, cinq millions pour le deuxième et deux pour le troisième.

Vous venez de parler de fête. Qu’est-ce qui a été fait pour relever le défi de la popularité ?

Nous avons tenu plusieurs réunions avec le gouverneur, qui nous a dit qu’il était certain que ça irait. Les différents responsables locaux ont chacun à son niveau sensibilisé les populations sur le fait que cette fête est plus culturelle, sociale, etc. qu’autre chose. Mais que les ressortissants de la zone en sont les grands gagnants. Les touristes qui arrivent vont dans des hôtels appartenant aux gens d’ici. Les propriétaires de débits de boisson, de restaurants etc. en tirent aussi profit. Les populations doivent aussi savoir que cet événement est le plus important dans cette partie du pays.

Quel rayonnement au niveau international cette année ?

Au plan sportif, nous avons reçu confirmation pour 19 athlètes étrangers, mais finalement 12 sont arrivés. On sait que les Kenyans n’ont pas pu rallier Douala suite à des problèmes de visa à Nairobi. Nous aurions vraiment souhaité qu’ils soient là, parce que les nôtres auraient eu fort à faire face à ces coureurs, redoutables en relais. L’année dernière ils se sont classés 3e , n’étant arrivés à Buea qu’à 4h du matin le jour de la course. Cela dit, nous avons eu les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Nigeria. On peut dire que côté étrangers ils étaient de la partie, malgré les inquiétudes liées aux questions de sécurité.

La parole aux acteurs

 Ngalim Lizette: “I Had Difficulties Descending”

First Female Winner from Bui (North West)

“I am very happy being the first on the race course. I had a lot of difficulties descending from Hut Two because it is too stiff for me to go down fast. So, I came down gradually before taking on speed at Upper farms. Last year and the other years I came in the forth position.  Last year I faced even more difficulties but thank God they are over. This is a sign that God is with me.”

 

Fai Elvis: “I Prepared Intensely For This Race”

First Male Winner from Bui (North West)

“I am so happy as winner of this year’s race although my feet are paining me terribly. I started Mount Cameroon Race in 2006 and this is my first experience to be the overall winner. Winning the race is not a challenge to any of the participants. It is simply victory.  I had prepared intensely for this race for two months by doing long and short distance walking and running on the mountains in Kumbo, Bui Division.”

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