Analyse du Message présidentiel du 31 décembre 2016 : Paul Biya déclare le Cameroun un et indivisible

Paul Biya, président de la république du Cameroun | © PRC

Au cours d’un discours de fin d’année très couru, le Président Paul Biya s’est insurgé contre les desseins de sécession du Cameroun et a prescrit le patriotisme et la vaillance au peuple, pour braver la crise économique, au moment où Boko Haram décline et le Franc CFA est sauvé de justesse d’une seconde dévaluation.

le président Paul Biya n’est pas passé par quatre chemins pour déclamer l’irrecevabilité de la partition du Cameroun

Rares sont les messages du chef de l’État qui furent aussi attendus que celui du 31 décembre 2016. Et pour cause, l’actualité torride que venaient de vivre les régions d’expression anglophone au cours des derniers mois de l’année écoulée s’y prêtait. Est-il besoin de préciser que ce discours-bilan de l’année 2016 était très attendu, car, c’était la première fois que le président Paul Biya se prononçait ouvertement et officiellement sur les événements de Bamenda et Buea, au cours desquels, des revendications sectorielles et corporatives ont dégénéré dans l’amalgame d’un chantage déclamé tantôt au nom du fédéralisme, tantôt en faveur de la surenchère sécessionniste… Fort à propos, la position du président Paul Biya était très attendue le 31 décembre dernier. Et justement, comme il fallait s’y attendre, lorsqu’il est question de mettre la balkanisation du Cameroun sur la sellette, le président Paul Biya n’est pas passé par quatre chemins pour déclamer l’irrecevabilité de la partition du Cameroun. Le président de la République s’est montré ferme, astringent et incisif dans le ton, et coriace dans la gestuelle, en indexant sans hésitation aucune, la responsabilité des violences urbaines enregistrées dans la ville torride de Bamenda comme « le fait d’un groupe de manifestants extrémistes, manipulés et instrumentalisés ». Et, surtout, en affirmant avec force que : « Tout cela est INACCEPTABLE ». C’était non sans rappeler la même fermeté présidentielle expérimentée le soir du 28 février 2008, au cours des émeutes de la faim… Un chef d’Etat réputé philanthrope, qui fut obligé de déclarer la guerre contre Boko Haram pour concerner l’intégrité territoriale e son pays, le Cameroun, État de droit par excellence, souverain et démocratique ne négocie ni son intégrité territoriale, ni son indépendance, encore moins son unité nationale. Ne lui incombe-t-il pas de veiller au strict respect de la loi fondamentale ? Fidèle à ses principes, le président Paul Biya a tenu à réaffirmer la sacralité de l’unité et de l’intégration nationales. On voyait mal comment le président Paul Biya pouvait accorder aux sécessionnistes un périmètre des 475 000 km2 refusés aux terroristes.

Au nom de quoi un groupe de citoyens sans mandat, sans légitimité, s’arrogerait-il le droit, sous  le couvert des libertés politiques et syndicales, de brûler le drapeau national ?

Chantre de la paix et de la non-violence, on imaginait mal le président Paul Biya, connu et reconnu réfractaire aux pressions de quelques natures que ce soient pouvait-il céder au chantage des sécessionnistes ? Quel citoyen pouvait apprécier la profanation du drapeau Vert-Rouge-Jaune si cher au Cameroun ? Comme un seul homme, les Camerounais se sont élevés pour condamner cet acte grave aux conséquences judiciaires avérées. Tout en commentant le discours présidentiel, le directeur général du quotidien Cameroon Tribune s’indignait des attitudes répréhensibles affichées par des sécessionnistes en mal de légitimité : « Au nom de quoi un groupe de citoyens sans mandat, sans légitimité, s’arrogerait-il le droit, sous  le couvert des libertés politiques et syndicales, de brûler le drapeau national ? Ou de dénier à d’autres Camerounais le droit de se réunir, de vaquer à leurs occupations ? Ce sont là des attitudes de délinquance se nourrissant d’une intolérance inacceptable dans le cadre d’un pays démocratique, d’un Etat de droit. »

le président Paul Biya a satisfait les attentes des millions de Camerounais

Quoi que heurté, mais humaniste de nature, le président Paul Biya a admis comprendre la pertinence des revendications des grévistes, mais la ligne rouge a été franchie dans l’autodafé du drapeau national, l’incendie des bâtiments publics et le fait de faire hisser le drapeau clandestin du groupuscule de sécessionnistes à Bamenda. Sur ce point, le président Paul Biya a satisfait les attentes des millions de Camerounais qui vilipendent les desseins sécessionnistes d’un groupuscule d’activistes et pyromanes ayant dressé le lit de l’insurrection et de l’insécurité dans le Nord-ouest. Heureusement, les sécessionnistes n’ont pas pignon sur rue et sont loin de faire l’unanimité.

LE CAMEROUN EST UN ET INDIVISIBLE ! Il le demeurera !

Tout autant que le président Biya prône la mise sur pied d’une structure nationale dont la mission sera de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider l’unité nationale et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du VIVRE ENSEMBLE. « Et cela, dans le strict respect de notre Constitution et de nos Institutions. » Cette seconde Conférence sur la Réunification permettra de gommer les imperfections de la Conférence tenue dans le Noun en 1961, et de renforcer les bases de la Réunification sur lesquelles il n’est surtout pas question de retour en arrière. « L’unité du Cameroun est donc un héritage précieux avec lequel nul n’a le droit de prendre des libertés », a affirmé le chef de l’État. Le peuple, dans son immense majorité, est d’accord avec son Président : « LE CAMEROUN EST UN ET INDIVISIBLE ! Il le demeurera ! » Maintenant que le Président Paul Biya a parlé, il n’est plus question que les cours interrompus dans les écoles, collèges et universités de Bamenda et Buea ne reprennent pas pour le compte du deuxième trimestre de la rentrée scolaire et académique 2016-2017…

les Camerounais sont satisfaits d’apprendre que Boko Haram décline grâce à m’action conjuguées de nos vaillantes forces de défense et des troupes de la FMM

Pour le reste du discours portant sur les efforts de relance économique en dépit de la guerre onéreuse que mènent nos forces de défense contre la secte islamiste, les Camerounais sont satisfaits d’apprendre que Boko Haram décline grâce à m’action conjuguées de nos vaillantes forces de défense et des troupes de la FMM (Force Mixte Multinationale) commandée par le Nigéria. Est-ce pour autant qu’il faille baisser la garde ? Paul Biya pense le contraire et en appelle à la vigilance de tous face au foisonnement des attentats suicides, l’arme des lâches. En dépit de la guerre, le pays se construit normalement. Le chômage recule. 320 000 emplois ont été créés au Cameroun jusqu’au mois d’octobre en 2016. Les chantiers des barrages hydroélectriques avancent, et amorcent la phase des finitions, à l’instar de Lom Pangar, Memve’ele, Mekin, tandis que d’autres sont imminents à Nachtigal et Warak. L’agriculture intensive qui se modernise. Les routes qui s’ouvrent et la diversité de l’économie numérique à grande vitesse sont des gages de notre croissance… Les Camerounais sont heureux d’entendre le président Biya entrevoir l’avenir avec assurance et optimisme : « Le peuple camerounais qui commence à percevoir le bénéfice des sacrifices qu’il a consentis pendant des années, ne veut pas revenir à l’austérité. Je suis en accord avec lui. » Comme quoi, à force de travail et de résilience, de rigueur et de bonne gestion, de patriotisme et de solidarité, de créativité et de bravoure, à l’instar de nos valeureuses Lionnes indomptables et de nos Lions du front, l’avenir du Cameroun peut s’amorcer sous de meilleures auspices.

Par Lucine Enama Ntolo,

Économiste

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