Afrique du Sud : Le pays de Jacob Zuma souhaite se retirer de la CPI

Jacob Zuma, le président sud-africain | EPA/NIC BOTHMA / POOL
Jacob Zuma, le président sud-africain | EPA/NIC BOTHMA / POOL

Acculé par la justice, humilié par les étudiants et contrarié par les opposants, le président sud-africain trouve la sortie de Cour Pénale Internationale (CPI) comme un exutoire. Mais cela n’est pas une partie de plaisir.

C’est presque sans façon, que le président sud-africain a amené une partie de sa formation politique  à adresser une lettre au secrétaire général, des nations unies en faveur du retrait de son pays, de la Cour pénale internationale. Il suit ainsi le pas du Burundi, qui l’a fait, il y a quelques jours au paravent. Un geste qui divise l’opinion, irrite la justice et ulcère l’opposition.

De l’incompréhension

Contrairement aux cas des chefs d’Etat du Burundi, Pierre Nkurunziza, ou d’Omar El Béchir du Soudan poursuivis par la CPI, l’Afrique du Sud arrive comme un cheveu dans la soupe car en effet, le président Jacob Zuma n’a pas de dossier pendant devant cette juridiction. Politiquement, l’on voit l’idée de solidarité entre chefs d’Etat, ou bien de l’anticolonialisme qui a prévalu au lendemain des dossiers du Kenya l’an dernier. Le Tchad sans avoir un dossier à la CPI, est l’un des plus virulents chancres du retrait massif des Africains de l’institution onusienne. A Ndjamena, on reproche à la cour de toujours « cibler les chefs d’Etats africains ».

Prétexte fallacieux

 Au sein du sérail Sud-africain, l’on estime intra muros, que le pays ne jouit pas d’une gestion autonome de son droit à l’immunité diplomatique. Il y a donc, une exaspération de se voir toujours critiquer, de n’avoir pas retenu le président soudanais Omar El Béchir, lors d’un sommet de l’Union africaine, à Johannesburg en 2015. Le gouvernement de Jacob Zuma avait laissé filer le leader Soudanais entre les gouttes, alors que la demande lui avait été expressément faite par la cour.

Voilà une Afrique du Sud, qui pendant près d’un demi-siècle s’est battue pour le respect des droits  humains, et qui vient de pactiser avec des Etats liberticides comme le Soudan et allié de circonstance du Burundi. L’héritage de Nelson Mandela, ne vient-il pas de voler en éclat avec cette décision de quitter la CPI? La question exige beaucoup de réflexions. D’ici un an, le temps de l’effectivité du retrait, assurément des rebondissements.

La diversion

Jacob Zuma est probablement l’un des présidents les plus contestés dans son pays au regard des problèmes dont il fait face. La politique du président est régulièrement critiquée même de son propre camp. Il n’a pas fini de régler la colère des étudiants. Ce sont entre 10 000 à 15 000 étudiants qui l’on fait plier devant la décision impopulaire, celle d’augmenter les frais universitaires.

Après plusieurs mois de mensonge sur la somme de 500 000 dollars, le président va faire profil bas sous la pression de la justice. En effet, la somme de 20 millions d’euros  avait servi à la construction d’une piscine et d’un amphithéâtre dans son domicile de Nkandla au lieu de sécuriser sa maison.

Le président Zuma joue sa survie politique en recherchant une popularité hypothétique.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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