Afrique subsaharienne francophone : Des lacunes graves décelées dans les systèmes éducatifs primaires de 10 pays dont le Cameroun

Des lacunes graves décelées dans les systèmes éducatifs primaires de 10 pays d'Afrique subsaharienne francophone | DR/Illustration
Des lacunes graves décelées dans les systèmes éducatifs primaires de 10 pays d’Afrique subsaharienne francophone | DR/Illustration

La grande majorité des élèves du primaire, que ce soit en début ou en fin de cycle, n’ont pas acquis les compétences leur permettant d’envisager la réussite de leur scolarité selon le rapport de l’enquête PASEC2014 (Programme d’Analyse des Systèmes Educatifs de la Confemen) sur les performances des systèmes éducatifs de 10 pays d’Afrique subsaharienne francophone.

Le lancement du rapport s’est déroulé lundi à Dakar, en marge de la conférence des ministres de l’éducation des Etats et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN).

« Cette situation est très préoccupante et, pour certains pays, particulièrement alarmante”, souligne le Secrétaire général de la CONFEMEN, M. Bouréima Jacques.

Cette étude sur la qualité de l’éducation concerne le Bénin, le Burkina-Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

En effet, en début de cycle (2ème année du primaire), plus de 70% des élèves pour la langue et plus de 50% pour les mathématiques, n’atteignent pas les seuils qui permettraient d’envisager la réussite dans leurs apprentissages et leur scolarité à venir. Pour la fin de cycle (6eme année du primaire), près de 60% des élèves se trouvent dans cette situation, que ce soit en lecture ou en mathématiques, indique le rapport.

Pour résoudre cette question alarmante, le ministre de l’Education nationale du Sénégal, Sérigne Mbacké Thiam, qui a présidé la cérémonie, a indiqué qu’»à l’image du Sénégal, les autres pays vont faire le croisement comparé et un rapprochement entre ces évaluations comparées et les évaluations nationales pour essayer de confirmer, de voir là où les résultats se rejoignent et là où il y a peut-être des différences, pour en tirer des enseignements nécessaires en vue de conduire les changements qualitatifs ».

Par ailleurs, l’étude fait état de grandes inégalités entre élèves et écoles. Les élèves des milieux plus favorisés et dont les parents sont alphabétisés sont plus performants, ceux ayant fréquenté la maternelle réussissent mieux, les élèves des zones rurales et des écoles publiques sont désavantagés dans leurs apprentissages et leurs conditions de scolarisation.

Le rapport montre aussi que « les filles réussissent moins bien en mathématiques et les enfants qui entrent au primaire tardivement présentent de moins bonnes performances et les redoublants ne parviennent généralement pas à combler leur retard ».

Face à ces constats, le PASEC invite les pays et la communauté éducative à considérer neuf pistes de réflexion à envisager pour l’avenir parmi lesquelles on peut citer la promotion de la préscolarisation des enfants, l’articulation entre langue d’enseignement et langue maternelle en début de scolarité et le renforcement de l’accompagnement en début de scolarité, notamment en lecture.

Il s’agit aussi de « renforcer la formation et revaloriser la fonction enseignante, stimuler l’intérêt des filles pour les mathématiques, mettre en place des mécanismes de sensibilisation ou d’accompagnement des familles et prendre en compte la situation des élèves n’ayant pas acquis un niveau satisfaisant de cycle primaire ».

© CAMERPOST avec © APA