Afrique subsaharienne : le faible taux de croissance économique préoccupe

Des opérateurs économiques | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
Des opérateurs économiques | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

C’est pour pousser les Etats africains dont le Cameroun à agir qu’une rencontre a mobilisé mercredi le 26 octobre 2016 à Douala  les opérateurs économiques, le ministère des finances et le Fmi.

« Le taux de croissance économique de la région ne devrait progresser que de 1,4% en 2016 ; ce qui représente la plus faible performance depuis plus de 20 ans ; de surcroît la perte de dynamisme observée ces deux dernières années est comparable aux périodes de profond ralentissement des décennies précédentes». Ce constat fait par Abebe Aemro Selassie, Directeur du département Afrique du Fonds monétaire international (Fmi) inquiète. D’après ce dernier, le ralentissement tient à deux facteurs principaux. D’une part, l’environnement extérieur s’est détérioré pour beaucoup de pays de l’Afrique subsaharienne, notamment parce que les cours des produits de base sont à leur plus bas niveau depuis plusieurs années et les conditions financières se sont sensiblement durcies. D’autre part, dans un grand nombre de pays les plus touchés par ces chocs, les autorités ont réagi avec beaucoup de retard et de façon inadéquate, « ce qui a pour effet d’accroître l’incertitude, de décourager l’investissement privé et d’empêcher de nouvelles sources de croissance de se développer », déclare Abebe Aemro Selassie.

Et c’est pour en parler et attirer l’attention de plus d’un sur l’urgence de fournir un effort d’ajustement global, qu’une rencontre a eu lieu le mercredi 26 octobre 2016 à Douala. CAMERPOST y était. Une réunion qui a visé la présentation du Rapport sur les perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne, édition de l’automne 2016. Au rang des personnalités présentes, Kadima Kalonji, représentant résident du Fmi au Cameroun ; Céline Allard, chef de la division des études régionales au département Afrique du Fmi ; Francisco Arizala, économiste et de nombreux patrons d’entreprises. Deux exposés ont marqué les travaux et ont porté sur : « une croissance à plusieurs vitesses : perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne » ; « Régimes de change en Afrique subsaharienne : expériences et enseignements ».

De tous ces exposés, et en guise de solution tout en se basant sur le rapport 2016 sur les perspectives économiques régionales en Afrique subsaharienne, les auteurs dudit rapport proposent qu’un effort d’ajustement global soit fait dans trois domaines : un ajustement budgétaire vigoureux, un renforcement des mesures de protection sociale et des réformes structurelles pour améliorer la compétitivité et la diversification de l’économie. « Tout nouveau report des mesures nécessaires pour remédier aux déséquilibres macroéconomiques aura inéluctablement pour résultat de compromettre davantage encore les perspectives de croissance et de retarder l’évolution vers une reprise robuste et créatrice d’emplois », a-t-on appris. L’Afrique subsaharienne préoccupe d’autant plus qu’elle reste une région dont le potentiel économique est immense, mais qu’un ensemble complet de politiques publiques formant un tout cohérent sur le plan interne est nécessaire pour rétablir la stabilité macroéconomique dans les pays les plus touchés.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa