Afrique subsaharienne : Amnesty international inquiète de la loi anti-terroriste

Samira Daoud, Directrice régionale adjointe du Bureau d’Amnesty international.

Dans son rapport annuel sur l’utilisation de la peine de mort en 2016, Amnesty international se réjouit d’une avancée en matière de recours à la peine de mort. Même si selon Samira Daoud, Directrice régionale adjointe du Bureau d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, la loi anti-terroriste en cours au Cameroun inquiète. Evocation avec CAMERPOST.

Alerte

« Mesdames et Messieurs les journalistes, je voudrais attirer l’attention sur un pays, le Cameroun, où les autorités continuent à recourir à la peine de mort durant les procès de personnes suspectées d’appartenir au groupe armé  Boko Haram », indique Samira Daoud qui poursuit : « en 2016, au moins 160 condamnations à la peine capitale ont été prononcées par des tribunaux militaires dans la ville de Maroua, dans l’Extrême Nord du pays. La loi anti-terroriste adoptée en décembre 2014 pour faire face à la menace grandissante de Boko Haram, donne en effet compétence aux tribunaux militaires pour tous les cas de terrorisme ».

Et de nouveaux pouvoirs, rapporte Samira Daoud, qui permettent aux autorités de détenir des personnes sans inculpation. « Pire le tribunal militaire peut renouveler la détention provisoire pour une durée indéfinie.  A ce jour, tous les suspects jugés devant des tribunaux militaires qui ont été condamnés à mort l’ont été sur la base de preuves bien minces même si aucune exécution n’a été notée », note l’interlocutrice.

Appel à la libération des journalistes

Cette dernière est revenue sur le cas du journaliste Ahmed Abba. Le 20 avril prochain, cet homme de média qui est le correspondant de la Radio France Internationale (RFI) en langue Haoussa en détention depuis juillet 2015, arrêté alors qu’il faisait un reportage sur Boko Haram au nord du pays, « pourrait être condamné à mort. Il est accusé de (complicité d’actes de terrorisme) et de (non-dénonciation d’actes de terrorisme) et le procureur a requis la peine capitale à son encontre. Je profite de cette tribune pour rappeler qu’Amnesty demande la libération immédiate et sans condition d’Ahmed Abba », écrit la Directrice régionale adjointe du Bureau d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Pour conclure, elle rappelle que la peine de mort est une violation du droit à la vie, « c’est un châtiment cruel et inhumain qui n’a pas sa place dans l’ère moderne. La majorité des pays du monde, un total de 104, a accepté ce fait en abolissant complètement la peine de mort pour tous les crimes ». Autrement dit, le Cameroun devrait revoir les dispositions de la loi anti-terroriste en vigueur.

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3 Commentaires sur "Afrique subsaharienne : Amnesty international inquiète de la loi anti-terroriste"

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Paul Marcel Mbida

Amnesty de Akere Muna nous a déjà dit que Boko Haram est une armée de libération !

Nkukuma Ndzoe Bot

Amnésie internationale !!

Rambo Martin Baheten

Vous les ONG et assimilés , offrez la peine de mort à grandes doses avec les pays que vous déstabilisez et tous les faux rapports que vous faites .
Si vous croyez nous endormir les esprits avec de telles déclarations , vous vous trompez .

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