Afrique – Mutilations génitales féminines : un engagement mondial contre une pratique sociale néfaste

Un engagement mondial contre les mutilations génitales féminines | Ph. Illustration

Selon les chiffres fournis par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), ce sont 200 millions de victimes de mutilations génitales sur la planète.

Le phénomène tient désormais comme un effet de mode malgré, la forte mobilisation contre la pratique. L’excision a comptabilisé 200 millions de victimes en février 2016, contre 130 millions en 2014, soit une augmentation de 70 millions de nouveaux cas. En raison de ses effets néfastes, la lutte contre la pratique ordinaire dans des pays africains est devenue mondiale.

Raison de lutter

Selon l’Unicef, l’Afrique est le plus grand pourvoyeur de victimes dans le monde. Les pays musulmans comme la Somalie (98%), la Guinée (97%, l’Erythrée (93%) figurent parmi les têtes de prou avec un taux de prévalence assez élevé par rapport à d’autres pays.

L’Organisation des Nations unies s’est fixé comme mission en 2030 de faire cesser la pratique, parmi ses objectifs de développement. Un engagement pris par 193 pays touchés par l’excision. Un objectif noble car dans les 30 pays recensé excellent dans la pratique, ce sont un total de 44 millions de jeunes filles âgés de moins de 14 ans.

Selon Claudia Cappa, directrice du rapport de l’Unicef sur les mutilations génitales féminines en Afrique en 2016 « Dans [ces Etats], cette pratique est presque universelle ».

Le plaidoyer

La situation est préoccupante mais le désespoir n’est pas permis. Madame Cappa estime « Nous devons soutenir les efforts nationaux pour encourager l’abandon de cette pratique ». Depuis 2008, en effet, plus de 15 000 victimes d’entre elles ont renoncé aux mutilations génitales féminines. Des pays comme le Cameroun, le Nigéria, le Kenya, l’Ouganda, la Gambie ont même adopté des lois la criminalisant. Ainsi par exemple, le code pénal camerounais en son article 272 puni d’un emprisonnement allant de 10 à 20 ans, quiconque « Procède à une mutilation de l’organe génital d’une personne quelque soit le procédé ».

Sur le plan international, la contre les MGF est accentué. Ainsi, s’appuyant sur les travaux récents l’Organisation mondiale de la santé (OMS) conjointement avec l’Unicef et le Fonds des Nations unies pour la population (Funap) publié une déclaration condamnant la pratique des mutilations sexuelles féminines en 1997.

En 2008, l’OMS va publier une autre déclaration sur l’élimination des mutilations sexuelles féminines afin de contribuer à une plus grande mobilisation sous le thème : « Eliminer les mutilations sexuelles féminines : déclaration inter institution».

En décembre 2012, l’Assemblée générale de l’ONU adopte la résolution sur l’élimination des mutilations sexuelles féminines. En 2013, l’Unicef va publier son second rapport sur la prévalence des mutilations génitales féminines dans 30 pays, analysant l’aspect des croyances, les attitudes, les évolutions et les réponses programmatiques et les politiques face à cette pratique au niveau mondial.

Le thème choisi pour de la 10ème édition de la campagne, ‘’tolérance zéro’’ aux mutilations génitales féminines, à savoir « Etablir un lien solide interactif entre l’Afrique et le reste du monde afin d’accélérer les limitations des MGF, d’ici à l’an 2030 », montre clairement que l’Afrique a une part importante de responsabilité dans ce que certains considère comme un drame humanitaire. Ce thème est une opportunité trouvé pour d’attirer l’attention des communautés sur l’ampleur du phénomène qui touche les femmes africaines et du monde.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM