Afrique : Quand grossesse et mariage nuisent à l’éducation des jeunes filles

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Afrique : Quand grossesse et mariage nuisent à l’éducation des jeunes filles

Dans de nombreux pays d’Afrique, les femmes continuent de subir de fortes discriminations. Cette mise à l’écart se constate surtout en Afrique Subsaharienne où 49 millions de filles n’ont pas accès à l’enseignement primaire. CAMERPOST revient sur ce problème social inquiétant.

Grossesse et mariage précoces à l’origine de la discrimination

Selon Human Rights Watch, 40 % des filles se marient bien avant leur majorité légale en Afrique subsaharienne. Le rapport de l’organisation mentionne que 30 à 51 % des filles accouchent avant 18 ans. Or, dans la culture traditionnelle africaine, une fille célibataire enceinte est systématiquement pointée du doigt. Malgré l’engagement pris par bon nombre de pays de cette région, garantissant la scolarisation des enfants jusqu’au collège, nombreux sont ceux qui expulsent les filles enceintes ou les jeunes mères des programmes scolaires. Ce fait déplorable a d’ailleurs été soulevé par Elin Martinez, en précisant que les gouvernements concernés devraient plutôt aider les jeunes filles à éviter les grossesses précoces tout en les encourageant à finir leurs études.

Malawi, Soudan du Sud et Tanzanie : des cas alarmants

Dans beaucoup de pays africains, le taux d’abandons scolaires peut s’expliquer par 2 principaux facteurs : la politique de scolarisation et les convictions familiales. C’est ainsi qu’au Malawi, pratiquement la moitié des filles mettent fin à leurs cursus scolaires bien avant l’âge de 18 ans. Les motifs les plus courants sont, soit le mariage, soit la grossesse. Une forte proportion de ces filles a d’ailleurs indiqué que c’est leur belle-famille ou parfois leur mari qui refusent qu’elles reprennent le chemin de l’école. Au Soudan du Sud, ce sont 52 % des filles qui se marient avant la majorité légale. Ce qui n’arrange en rien la scolarisation très faible du pays, estimé à 4 %. Selon les propos d’un père de famille, l’éducation d’une fille n’est qu’une perte d’argent, ajoutant même que le respect de la communauté ne se gagne que par le mariage. Enfin, en Tanzanie, plus de 15 000 filles quittent l’école pour cause de grossesse. Selon HRW, ces cas sont dus aux abus et aux violences sexuelles faites par les enseignants.

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