Afrique – E-santé : le top 5 des applications mobiles – 04/09/2014

Recevoir des informations sur son dossier médical en temps réel, géolocaliser le médecin le plus proche, tout savoir sur les symptômes d’Ebola. Grâce aux smartphones, les Africains connectés tentent de pallier la faiblesse des systèmes de soin du continent. Et les développeurs locaux redoublent d’imagination pour créer des applications ou des plateformes innovantes. Tour d’horizon.

L'application de Dawkin's Kamara pour éduquer les Ivoiriens sur le virus Ebola. © AFP
L’application de Dawkin’s Kamara pour éduquer les Ivoiriens sur le virus Ebola. © AFP

En 2015, l’Afrique comptera plus de 915 millions d’utilisateurs de mobiles, selon les données de la GSM Association. Une aubaine pour les développeurs locaux qui ont déjà saisi l’intérêt de mettre au point des applications pour pallier les systèmes de santé défaillants. Jeune Afrique vous propose d’en découvrir cinq parmi les plus innovantes.

Prévention Ebola

Les initiatives citoyennes pour lutter contre Ebola battent leur plein sur le continent, notamment en Côte d’Ivoire où la société civile se mobilise pour tenter de sensibiliser les habitants. Après “Stop Ebola”, le clip du journaliste-blogueur et web-entrepreneur Israël Yoroba, le développeur ivoirien Dawkin’s Kamara a lancé, le 1er septembre, une application pour “éduquer la population sur le virus”. “En tant que jeune développeur, j’ai souhaité apporter ma pierre à l’édifice”, explique-t-il.

Conscient des limites d’une telle initiative, compte tenu de l’accès encore restreint de certaines populations à la téléphonie mobile, l’informaticien a développé “Prévention Ebola” dans une dynamique de sensibilisation. “Une fois téléchargée sur Playstore, l’application donne accès à des messages vocaux de prévention que des agents de santé peuvent diffuser partout”, résume-t-il. L’originalité de ce projet ? Les conseils sont disponibles en langues locales, notamment l’attié, le baoulé et le guéré.

Pour l’instant, “Prévention Ebola” n’a été téléchargée qu’une petite centaine de fois. Mais Dawkin’s Kamara espère séduire les autres pays africains en traduisant les contenus, déjà disponibles en anglais, pour les diffuser au plus grand nombre.

SenGeoSanté

Créée par un ancien étudiant béninois de l’École supérieure multinationale des télécommunications (ESMT) de Dakar, Yannick Grimaud, “SenGeoSanté” est une application Android qui permet aux Sénégalais de localiser toutes les structures sanitaires sur une carte, avec ou sans connexion. Laboratoires, pharmacies, hôpitaux sont géolocalisés par région, département ou quartier. Les utilisateurs ont accès aux adresses et numéros de téléphones des structures de santé à proximité.

Grâce à GoogleMaps, le service de cartographie en ligne du géant du web Google, le citoyen connecté peut même trouver l’itinéraire le plus rapide pour accéder aux soins grâce à ce “localisateur de soins de poche”.

Medafrica

Vous vous demandez ce qui vous rend malade ? Ou si le médicament que vous prenez est le plus approprié ? Vous avez besoin de vous rendre de toute urgence à l’hôpital ? L’application mobile Android “Medafrica”, créée par l’entreprise kényane Shimba Technologies, permet aux citoyens africains de trouver facilement les coordonnées d’un médecin, de situer rapidement les hôpitaux, de vérifier la disponibilité d’un médicament dans une pharmacie et même de trouver des informations sur les symptômes d’une maladie.

MPedigree

Ce n’est pas à proprement parler une application, mais plutôt une plateforme pour mobiles fonctionnant pas SMS. Pour lutter contre le fléau de la contrefaçon de médicaments, qui tue 100 000 personnes chaque année en Afrique selon l’OMS, le Ghanéen Bright Simons a lancé, en 2007, un système permettant d’authentifier les médicaments grâce à la collaboration des industries pharmaceutiques et des instances de santé du gouvernement.

À l’achat d’un médicament, il suffit d’envoyer un SMS avec le code inscrit sur le produit au serveur “MPedigree”, qui prévient l’utilisateur par message texte de l’authenticité du produit ou l’alerte d’une éventuelle contrefaçon. Des versions nigériennes, tanzaniennes ou encore kényanes sont en cours de développement.

Matibabu

Il est désormais possible de diagnostiquer le paludisme sans prélèvement de sang dans un laboratoire. Développée en 2013 par quatre étudiants ougandais de l’université de Makerere à Kampala, l’application “Matibabu” – qui signifie “centre médical” en swahili – permet de vérifier si l’utilisateur est contaminé ou non par le Plasmodium, le parasite qui cause la maladie, grâce au “matiscope”.

Le “matiscope” est un détecteur à infrarouges relié au smartphone dans lequel l’utilisateur insère son index. L’appareil examine les globules rouges et détermine la différence de structure entre les globules infectés et les globules sains. Une fois le diagnostic réalisé, les résultats sont instantanément envoyés sur le serveur Skydrive et les données sont accessibles par des professionnels de la santé.

Grâce à cette innovation, les Ougandais ont remporté en 2013 le “UN Women empowerment award” d’une valeur de 12 000 dollars. Cette somme leur a permis de fonder leur propre entreprise. L’application est opérationnelle mais il reste un défi aux jeunes développeurs : la production du “Matiscope” qu’ils souhaiteraient ensuite commercialiser au prix de 20 dollars.

En Ouganda, plus de 30 millions de personnes sont atteintes de la malaria qui est la première cause de mortalité dans le pays.

Source : Jeune Afrique

Par Emeline Wuilbercq

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