Afrique : Des traces ADN révèlent deux foyers de braconnage d’éléphants – 19/06/2015

Eléphants en bordure du parc national de Mikumi au centre-est de la Tanzanie, en février 2015 | Illustration/Emile
Eléphants en bordure du parc national de Mikumi au centre-est de la Tanzanie, en février 2015 | Illustration/Emile

De nouveaux outils utilisant l’ADN ont révélé que le braconnage d’éléphants en Afrique pourrait être concentré actuellement dans deux foyers seulement, ont affirmé jeudi des chercheurs de l’université de Washington et des chercheurs d’Interpol.

Depuis 2006, la plupart des défenses d’éléphants de savane saisies proviennent de la Tanzanie et du Mozambique voisin, tandis que la plupart des défenses d’éléphant de forêt proviennent du Gabon, de République du Congo et de République de Centrafrique, ont rapporté ces chercheurs dans le journal américain Science.

“L’Afrique est un continent immense, et le braconnage est partout. Considéré sous cet angle lutter contre ce problème semble être une tâche herculéenne” a déclaré le directeur de recherches, Samuel Wasser, professeur de biologie à l’université de Washington. “Mais si l’on examine les grosses saisies d’ivoire, qui représentent 70% du trafic d’ivoire en termes de volume, on obtient une image différente”. M. Wasser a auparavant utilisé des déjections, des tissus et des poils d’éléphant collectés sur le continent africain pour cartographier les signatures génétiques des populations d’éléphant des différentes régions. Il a ensuite développé des méthodes pour extraire l’ADN de l’ivoire, lui permettant d’analyser les pièces de contrebande saisies pour déterminer la population d’éléphants dont elles proviennent.

Dans cette nouvelle étude, M. Wasser et ses collègues ont utilisé ces méthodes basées sur l’ADN pour analyser 28 saisies d’ivoire majeures, représentant chacune plus d’une tonne, et effectuées entre 1996 et 2014.

“En analysant ces saisies, nous avons été très très surpris de découvrir que sur la dernière décennie presque toutes les saisies provenaient de deux endroits d’Afrique seulement”, a déclaré M. Wasser lors d’une téléconférence.

Les chercheurs ont découvert que plus de 85% de l’ivoire d’éléphants des forêts saisie après 2006 provenait de l’écosystème protégé de Tridom en Afrique centrale, qui s’étend sur le nord-est du Gabon, le nord-ouest de la République du Congo et le sud-est du Cameroun, ainsi que de la réserve adjacente dans le sud-ouest de la République de Centrafrique.

Plus de 85% de l’ivoire d’éléphants des savanes saisie après 2006 provenait d’Afrique de l’Est, et principalement de la Réserve de Selous dans le sud-est de la Tanzanie et de la Réserve de Niassa voisine, dans le nord du Mozambique.

En 2011 cependant, le foyer principal de braconnage d’éléphant des savanes a commencé à se déplacer vers le nord, du sud-est de la Tanzanie vers le parc national de Ruaha et la réserve de Rungwa dans le centre du pays, avançant progressivement vers le Kenya.

Environ 50.000 éléphants d’Afrique sont tués chaque année en Afrique où le nombre des éléphants est inférieur à 500.000 animaux.

Selon les chercheurs, connaître les principales zones où les éléphants sont braconnés pourrait aider à combattre le trafic de l’ivoire à sa source.

“Comprendre que de grandes quantités de ce grand commerce transnational est axé sur deux principaux zones permet de concentrer l’application de la loi sur les zones et d’éliminer la plus grande quantité de l’abattage illégal”, a indiqué M. Wasser.

Source : © Agence de presse Xinhua

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