Afrique centrale : sommet extraordinaire demain à Yaoundé

La situation économique et monétaire de la sous-région au cœur de la rencontre de haut niveau à Yaoundé qui sera précédée d’une réunion ministérielle ce jeudi.

Yaoundé accueille demain, vendredi un Sommet extraordinaire des chefs d’Etat d’Afrique centrale sur la situation économique et monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), à l’invitation du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya.  Dans la perspective de cette rencontre de haut niveau, une réunion ministérielle se tient aujourd’hui au Hilton Hôtel de Yaoundé. Il sera question pour les ministres en charge des Finances et de l’Economie du Cameroun, du Gabon, du Congo, de la Guinée équatoriale, du Tchad et de la République centrafricaine de finaliser les dossiers à soumettre aux chefs d’Etat.

Ce sommet se tient, en effet, dans un contexte de crise. La sous-région fait face depuis 2014 à un double choc. D’un côté, la baisse persistante des cours des matières premières, principalement le pétrole entamé depuis juin 2014. Les cours du baril sont passés de plus de 100 dollars à un peu plus de 50 dollars actuellement.  A l’exception de la RCA, les cinq autres Etats de la CEMAC (Cameroun, Congo, Guinée équatoriale, Tchad et Gabon) produisent et exportent l’or noir. Les tensions sécuritaires au Cameroun et au Tchad, en lien avec les attaques de la secte terroriste Boko Haram, sont un autre choc qui nuit à l’économie de la sous-région.

Ainsi, la courbe de la croissance économique dans la zone poursuit sa chute. Alors qu’elle se situait à 4,8% en 2014, elle est descendue à 2,4% en 2015. Et pour l’année en cours, les dernières projections ne prévoient plus que 1%. C’est l’une des informations qui ressort de la quatrième session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) tenue mardi dernier à Yaoundé. D’après le communiqué de presse signé du président du CPM, par ailleurs, gouverneur de la Banque centrale, Lucas Abaga Nchama : « le CPM a noté une décélération de la croissance économique, plus prononcée qu’initialement prévu, en liaison avec les effets dépressifs de la morosité du secteur pétrolier sur la demande intérieure et sur le secteur non pétrolier ».

Lors de la session de juillet dernier, le CPM tablait pourtant sur 1,7% de croissance pour 2016. Les autres indicateurs restent tout aussi inquiétants. La remontée de l’inflation, bien que le taux devrait rester autour du seuil de 3%. Le creusement du déficit budgétaire qui se situait en juillet dernier à 7,9% du PIB. Et le taux de couverture extérieure de la monnaie qui baisse à 50% contre 62,7% il y a quelques mois. La Banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé (2,45%). Idem pour le taux d’intérêt sur les placements des banques, les coefficients de réserves obligatoires et le taux de rémunération des réserves.

Source : © Cameroon Tribune

Par Josiane TCHAKOUNTE

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