Affaire du Carlton – Dominique Strauss-Kahn : “Je n’ai commis ni crime, ni délit” – 10/02/2015

DSK à son arrivée à Lille. | © Reuters
DSK à son arrivée à Lille. | © Reuters

Dans une lettre qu’il a lui-même remis aux experts psychiatriques, mardi, lors du procès du Carlton de Lille, Dominique Strauss-Kahn a redit qu’il n’avait “commis ni crime, ni délit”. L’ancien patron du FMI estime n’avoir rien à se reprocher et dit ignorer que ses partenaires de soirées libertines étaient des prostituées.

“Je n’ai commis ni crime, ni délit”, a écrit Dominique Strauss-Kahn dans une lettre lue mardi par le président du tribunal, à l’audience du procès pour proxénétisme du Carlton, et remise aux experts psychiatriques dans le cadre de l’instruction. Cette lettre a été remise aux experts par DSK en personne, qui a refusé l’expertise psychiatrique ordonnée. A l’époque, est-il expliqué dans la lettre, il avait le sentiment qu’elle ne contribuerait pas à la manifestation de la vérité et il avait la “certitude” que ses propos, tronqués, se retrouveraient “inévitablement” dans la presse, une fois qu’ils seraient versés au dossier.

“Il n’y a pas eu cette activité débridée” dans l’organisation de soirées libertines, a-t-il déclaré à l’occasion de sa première véritable audition. “Quand on lit l’ORTC (l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Ndlr) on a l’impression d’une activité frénétique”, où les dates se mélangent de manière imprécise, a regretté l’ancien directeur général du FMI, qui a comptabilisé “quatre rencontres par an pendant deux ans”. Il a été accueilli à l’audience par des Femen seins nus qui ont crié : “Macs, clients, déclarés coupables”.

DSK nie avoir eu connaissance de “l’aspect prostitutionnel” de ces soirées

Dominique Strauss-Kahn a nié avoir eu connaissance de la présence de prostituées lors des soirées visées par le dossier de proxénétisme du Carlton, au cours de son audition par le tribunal correctionnel de Lille. Le président du tribunal lui ayant demandé s’il avait eu connaissance de “l’aspect prostitutionnel” de ces soirées, l’ancien directeur général du FMI a répondu “non”. “Vous n’avez pas changé d’avis?”, demande alors le président à DSK, dont la position sur ce point clé était déjà connue. “Sur la connaissance de l’aspect prostitutionnel? Non”, répète Dominique Strauss-Kahn.

Les traits un peu tirés, en costume sombre, cravate claire, DSK ne se dérobe à aucune question. M. Lemaire lui demande “Etiez vous l’homme le plus important de ce monde?”, il répond en toute simplicité: “Je ne sais pas si c’était le cas mais on le pensait”. Trois ans et demi après les premières fuites dans la presse sur son éventuelle implication dans cette affaire, l’ancien directeur du FMI, âgé de 65 ans, a deux jours et demi pour tenter de se disculper à la barre. Il encourt 10 ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende.

Source : © leJDD.fr

Par Vivien Vergnaud (avec AFP)