Environnement – Menace d’extinction : la banane risque-t-elle de disparaitre ?

Menacée d’extinction, la banane risque-t-elle de disparaitre ? par Gentside Découverte

Les bananes font aujourd’hui face à une menace qui pourrait conduire à leur disparition. Son nom : Tropical Race 4. Ce champignon est responsable de la maladie de Panama, une maladie qui gagne de plus en plus de terrain et qui pourrait décimer les bananes d’Amérique du sud.

C’est l’un des plus fruits les plus consommés au monde et pourtant, il pourrait prochainement disparaitre. La banane est aujourd’hui sous la menace d’un redoutable champignon appelé Fusarium oxysporum, plus particulièrement la souche connue sous le nom de “Tropical Race 4” (ou TR4). Cette menace n’est pas nouvelle et c’est bien pour cela qu’elle inquiète aujourd’hui les spécialistes.

Avant les années 1960, nos aïeuls ne mangeaient pas les mêmes bananes que nous. Il s’agissait d’une autre variété appelée Gros Michel. Elle avait plus de goût, était plus grosse et plus résistante que la variété omniprésente actuellement, la Cavendish. Toutefois, dans les années 40-50, le champignon TR4 a fait son apparition et a rapidement détruit toutes les plantations de bananes en Amérique, scellant l’avenir de la Gros Michel.

Pour faire face, les cultivateurs se sont alors tournés vers la Cavendish, une variété moins goûteuse mais qui semblait capable de résister à ce fléau, du moins au début… Depuis plusieurs années, cette banane est, elle aussi, frappée par la maladie de Panama. Les plantations de l’Est et du Sud-Est de l’Asie ont été les premières touchées. A présent, le mal se répand.

Un champignon très résistant

Depuis 2013, le champignon a été signalé sur plusieurs continents y compris le Sud de l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Australie. Les spécialistes pensent maintenant que ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne gagne l’Amérique du Sud. Une région qui produit environ 60% des bananes commercialisées dans le monde.

Le problème est que TR4 est un champignon très résistant. Vivant dans le sol, il est insensible au fongicide et ne peut être contrôlé chimiquement. Une fois qu’il est apparu à un endroit, il est donc trop tard et la seule mesure à prendre reste la mise en quarantaine de la zone contaminée pour éviter que la maladie ne se propage. Mais le champignon a également la faculté d’évoluer.

La Cavendish était résistante à la souche qui a détruit la Gros Michel mais pas à la souche qui se répand aujourd’hui. Dans une nouvelle étude publiée dans la revue PLOS Pathogens, des scientifiques ont comparé les génomes de champignons issus de plantations de huit pays actuellement affectés. Ils ont confirmé que tous appartiennent à la même souche et sont identiques génétiquement.

Une histoire de clones

Comme le TR4, les bananes sont des clones. Elles partagent toutes les mêmes gènes, c’est pourquoi on parle de monoculture. Ce mode de production fait que la banane ne peut pas évoluer naturellement pour se défendre contre le champignon. “La banane Cavendish est très sensible au TR4. Donc, le champignon peut se répandre facilement à cause de la monoculture des bananes Cavendish”, a commenté Gert Kema, co-auteur de la nouvelle étude.

Après contamination des plants par le TR4, les bananiers se dessèchent, jaunissent et finissent par dépérir. Les plantations deviennent alors inutilisables. “A ce jour, TR4 a sans doute affecté environ 100.000 hectares et il est vraisemblable qu’il va continuer à se disséminer davantage”, estiment les auteurs et scientifiques de l’Université de Wageningen aux Pays-Bas.

“Notre recherche démontre que les mesures de quarantaine et d’information prises à travers le monde n’ont apparemment pas eu l’effet désiré”, a ajouté Gert Kema. Aujourd’hui, ce spécialiste des bananes et ses collègues préconisent donc un renforcement et une amélioration des mesures pour empêcher le TR4 de gagner encore plus de terrain.

D’autres variétés résistantes ?

Les scientifiques tentent également de trouver une solution à long-terme au problème de la maladie de Panama. Ils proposent de poursuivre les études sur le champignon afin de mieux connaitre son mode de fonctionnement. Ils suggèrent aussi de poursuivre les recherches visant à rendre la banane résistante au champignon.

S’il existe des centaines de variétés de bananes, celles-ci sont très différentes les unes des autres. Certaines sont ainsi bien plus difficiles à cultiver, d’autres sont quasiment impossibles à transporter. Trouver une nouvelle variété à consommer n’est donc pas chose aisée. Depuis plusieurs décennies, des chercheurs travaillent à la conception de bananes hybrides plus résistantes.

Ceci a notamment permis de donner naissance à la banane Goldfinger, une variété capable de résister à différentes maladies dont celle provoquée par Fusarium oxysporum. Pour l’heure, elle n’est toutefois présente que sur certains marchés, en Australie notamment, et n’a pas encore réussi à gagner du terrain.

Source : © Maxi Sciences

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