Assèchement du Lac Tchad : Des stratégies pour éviter la catastrophe

Sur le lac Tchad, à la frontière entre Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad, le 30 mars 2015. | © AFP
Sur le lac Tchad, à la frontière entre Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad, le 30 mars 2015. | © AFP

Camerounais et Tchadiens travaillent dans le cadre du comité transfrontalier du sous-bassin Chari-Logone pour limiter les effets du changement climatique.

 Ce n’est plus un secret pour personne, le bassin du Lac Tchad a connu une chute drastique de sa superficie. En quelques décennies, l’espace actif est passé de de 25000 km2 à 8000 km2 à nos jours. Les rapports des missions effectuées par les experts, sur le terrain dans le cadre de l’information et la sensibilisation de toutes les parties prenantes autour de la gestion des ressources naturelles dans le bassin du Lac-Tchad ont permis d’identifier plusieurs problèmes liés à l’eau. Il s’agit entre autres de la variabilité du régime hydraulique, de la disponibilité de l’eau, de la pollution de l’eau par les activités des compagnies pétrolières et les usines implantées dans les villes de Sarh, Moundou et N’Djamena au Tchad, du dépôt des sédiments et de l’érosion provoquant la destruction des berges conduisant à une perte énorme de l’eau. D’après le constat fait par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les causes profondes de ces problèmes sont : l’absence du concept de développement durable dans les programmes politiques des Etats-membres, le faible niveau d’éducation et de sensibilisation sur les questions environnementales, la pression démographique et le manque de concertation entre les acteurs.

Tous ces problèmes, dans le temps, causent le faible accès local à l’eau, des récoltes déficitaires, des pertes dans la production du bétail, dans la pêche, etc. Les conséquences socio-économiques de cet impact conduisent à l’insécurité alimentaire et à la précarité de l’état de santé des populations. Dans cette zone la ressource « eau » se fait de plus en plus rare. Pourtant on a besoin de cette ressource pour les activités de l’élevage, la pêche et l’agriculture y sont pratiquées. De façon paradoxale, l’eau se fait rare mais la population augmente. Comme conséquence immédiate, la naissance des conflits au vu des besoins qui augmentent. Or, l’eau qui est disponible, bien que se faisant rare, se trouve être mal utilisée par les différents acteurs à cause de la concurrence qui existe. D’après Aicha Moussa, représentante de l’UICN à Maroua, « chacun veut s’accaparer de cette ressource, donc elle devient un problème auquel il faut véritablement s’attaquer », dit-elle.

Aujourd’hui, plusieurs programmes de développement sont mis en œuvre dans cette localité dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. On peut citer entre autres : leProgramme de développement durable du bassin du lac Tchad (Prodebalt), le Projet d’intervention d’urgence de lutte contre les inondations (Pulci), dans l’Extrême-Nord, financé à hauteur de 54 milliards grâce à la Banque mondiale, etc. On ne saurait oublier le déploiement sécuritaire dans le cadre de la lutte contre la secte terroriste BokoHaram.

Source : © Cameroon Tribune

Par Joël MAMAN

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